Prise de parole de Monsieur Philippe Mouton Echevin à la ville de Comines-Warneton lors de la venue de Monsieur le Ministre Philippe Henry pour la mobilité, le climat et les infrastructures.

Introduction

La ville de Comines vit un épisode singulier de son histoire en ce début de siècle, la modernisation de la Lys entre Comines et Wervik. Siècle précurseur à souhaiter de toute notre âme en termes climatiques, sociaux, culturels, dans une économie recentrée sur l’humain.

Nous vous sommes reconnaissants Monsieur le Ministre pour votre promesse tenue de venir nous voir aux marches du royaume, un peu perdus aux périphéries, mais conscients de vivre la genèse de quelques concepts géographiques et temporels d’importance.

Objectiver la situation.

De quoi s’agit-il ? Du déblocage d’un verrou administratif d’autant plus paradoxal qu’il sévissait au cœur d’une des régions les plus riches d’Europe, de nouvelles possibilités de transports dont on dit qu’elles épargnent à des milliers de camions des trajets coûteux, dangereux et polluants.

Nous sommes dans la possibilité d’un cercle vertueux du point de vue global, s’inscrivant dans la distribution et l’échange de marchandises dans des contrées denses, déjà saturées par le transport routier mais sous équipées pour le transport ferroviaire. J’en viens donc aux sujets fondamentaux qui nous occupent au sein de ce territoire si particulier, la ville de Comines-Warneton et ses environs, 2020, 18000 habitants.

Ces enjeux sont à considérer avec objectivité. Les moyens sont aujourd’hui définis. Est-il possible d’en rester là ? Je veux croire que votre présence Monsieur le Ministre prouvera le contraire et que cette date du 22 juin 2020 restera longtemps dans les

mémoires de la cité comme celle d’une redéfinition des moyens pour la mobilité de notre ville.

Vivre ses incertitudes comme partout et comme nulle part ailleurs.

Ville frontière aujourd’hui, ville centrale hier, ville d’avenir comme elle le fut toujours, reliée à sa sœur de France par un unique pont pour le moment bloqué par les travaux de rectification de la Lys…Comines est au cœur d’un faisceau de voies de communications dont paradoxalement elle n’a pas la maîtrise et qui sera sujet à de profonds bouleversements dans un avenir proche. Suppression de passages à niveau, avenir des liaisons avec Lille, avec Mouscron, avenir des transports en commun. L’enclavement de la ville entre 2 pays et trois régions porte en lui plus d’incertitudes encore. Mais cette ville en vaut la peine, elle a une volonté de faire…toujours mieux.

Développer la biodiversité.

D’ici quelques minutes, nous découvrirons le chantier qui amènera sur une plaine de 20 ha, une nouvelle voie fluviale, une route portuaire, un RaVel, un parc de 7 ha, une île de 2 ha, un délaissé correspondant à l’ancien cours de la rivière. Ceci en lieu et place d’une vaste zone humide et inondable, il s’agit donc d’assurer les compensations écologiques d’un tel bouleversement de biotope tout en garantissant l’absorption des crues fréquentes de la Lys. Nous vous demandons la possibilité d’acquérir la totalité des parcelles inondables qui restent comme des reliques afin de maintenir le biotope et en termes de coût évité un bassin d’orage naturel. Nous vous demandons la possibilité d’entretenir le méandre délaissé. Je ne peux m’empêcher de songer à la pollution de l’Escaut et que… s’il arrivait semblable catastrophe à Comines, on pourrait peut-être sauver une partie du vivant en protégeant les méandres au nombre de 8 sur la rivière depuis Armentières jusqu’à Wervik et qui ont manqué sur le fleuve cher à Emile Verhaeren et à son passeur d’eau.

Propulser la mobilité.

A l’image des navires qui s’engageront sur la Lys, il faut propulser la mobilité douce avec l’avènement du parc. Les piétons et les cyclistes doivent occuper des axes communs suffisamment larges pour rester en sécurité, en avoir d’autres qui leur soient spécifiques. Il faut pouvoir éclairer le RaVel et la route portuaire. On doit pouvoir se retrouver en pleine nature, prendre des raccourcis pour traverser les quartiers de la ville, avoir la possibilité de gagner du temps en vélo, trouver du plaisir à une autonomie cyclable de chez nous à l’Escaut, à Tournai, à Lille et Armentières, au bassin minier par la Deûle, par les canaux jusqu’à la mer du Nord et jusqu’à Anvers par les Ravels fluviaux. La poésie de l’adrénaline et le plaisir de s’arrêter où on veut.

Il faut à Comines une entrée de ville digne de ce nom dans la rue des Moulins afin d’en faire l’étape d’un transit cycliste, écologique, culturel et économique. Cette modernisation implique une vision qui échappait autrefois aux urbanistes. Ne s’agit-il pas pour une ville moderne de définir sa propre intégration au creux d’une vallée et non pas d’isoler une rivière dans des murs nus. Après avoir parcouru ces plans et ces cartes, je me suis rendu à cette conclusion qu’il était à Comines-Warneton possible de s’ouvrir encore plus à cette nouvelle manière de considérer un cours d’eau.

Intégrer une mobilité douce c’est ajouter du vivant à du vivant, de l’énergie à de l’énergie. On a déjà mis suffisamment de minéral dans la terre des vallées. Le parc doit devenir un lieu de transition écologique porteur de biodiversité, initiateur de mobilité et fondateur de liens humains.

Réussir la convivialité.

Les vocations multiples atteindront les naturalistes, les enfants en apprentissage, les sportifs et les personnes à mobilité réduite. Par sa proximité avec le centre ville le parc doit devenir un attrait pour les rues commerçantes, la Maison des Jeunes et de la Culture, le musée de la rubanerie, les écoles et les maisons de repos. La

sécurité doit être assurée par un éclairage adéquat sur la route portuaire et dans le parc.

Analyser le patrimoine.

Les images que nous vous avons montrées, viennent d’ici, elles illustrent le patrimoine vivant, la biodiversité locale, le paysage est notre dehors et notre dedans, c’est notre vallée de la Lys, pour laquelle nous nous battrons avec l’acharnement qui ne nous a jamais fait défaut, donnant son importance au moindre mètre carré. Le parc et ses abords doivent rendre compte de l’histoire de Comines à travers des âges de convoitises, de destructions et de renaissances. Cet espace, au siècle de la diffusion de l’information « vraie ou fausse » doit conscientiser l’humain par l’analyse enrichie des trois axes fondamentaux qui caressent ce monde, l’espace, le temps et le vivant et dont nous pourrions plus souvent éprouver la douceur.

En conclusion de quoi…la Lys, rivière de 180 km en possède 15 qui forment la seule frontière naturelle que la Wallonie possède avec un pays voisin. Cette particularité totalement banale à l’échelle du monde devient pour la Belgique quelque chose de particulier et pour la Wallonie, Mesdames Messieurs, l’unique exception due aux aléas d’une histoire ô combien friande de rebondissements. Nous sommes encore une fois les seuls à dépendre d’un régime spécial et ce n’est rien de le dire, il faut le vivre comme des humains nés quelque part. Si Comines-Warneton compte environ 20000 habitants, nos municipalités françaises voisines en comptent plus de 80000, si l’on ajoute nos voisins flamands immédiats, ce sont 120000 habitants qui sont directement usagers de 5 modestes ponts sur la Lys mitoyenne avec la France. C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de prendre très au sérieux le projet de jeter par-dessus notre rivière au moins deux passerelles cyclo piétonnes, une à Comines et une au Bizet. Nous souhaitons tous que la ville de Comines-Warneton partage désormais sa vie avec ses voisins à la lumière de la transition la plus indispensable qui soit et au nom de ma ville je fais le vœu que

votre Ministère puisse désormais l’éclairer et l’aider en connaissance de cause.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Député, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les représentants de la ville de Comines-France, Monsieur le Directeur de la CUDL, Madame la Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Conseillers du cabinet, Mesdames et Messieurs les Echevins, Mesdames et Messieurs les Conseillers communaux, Mesdames et Messieurs les Directeurs et Fonctionnaires de la Région Wallonne, Mesdames et Messieurs les Directeurs et Fonctionnaires de l’Administration communale, Madame la Directrice, Mesdames et Messieurs les représentants des entreprises au travail sur ce chantier, Mesdames et Messieurs représentant la presse, chers amis de Comines-Warneton, au nom de notre ville je vous remercie pour votre présence attentive.

Philippe Mouton Echevin à la Ville de Comines-Warneton

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