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Projet de bétonner le chemin du Bois Dumortier.

Une très grosse somme, pour quelle utilité, pour quelle ruralité? Quelles urgences et quelle gestion pour les chemins?




Une très grosse somme ?

La commune va introduire une demande de subventionnement pour asphalter ou bétonner le chemin 43 au lieu-dit Bois Dumortier pour un montant de 206 785,23 euros. Un cinquième de cette somme serait à charge de la Commune de Comines-Warneton, ce qui n’est pas rien.
Les personnes qui dans l’Administration Communale sont amenées à protéger les derniers chemins qui nous restent sont-elles parties prenantes et sont-elles écoutées dans ce dossier? Si d’une part le travail rémunéré de ces personnes est de faire en sorte que les citoyens puissent profiter d’un réseau de chemins adaptés au passage à pied, à vélo, à cheval dans des conditions de confort acceptables, il peut sembler paradoxal de continuer à bétonner les derniers sentiers qui nous restent. Cette sollicitation de subside pour bétonner un chemin vient-elle d’une demande de particuliers ou émane-t-elle d’une autre origine ?

Pour quelle utilité ?

A qui et à quoi ce projet est-il nécessaire dans le cadre d’un asphaltage ou d’un bétonnage ? Aucune maison n’est située sur ce chemin, ni sur la rive droite, ni sur la rive gauche de la Douve. Ce projet est-il en relation avec l’accessibilité d’un ou plusieurs agriculteurs vers leurs champs et prairies ? Le Bourgmestre a affirmé qu’il n’y avait pas de demande de particuliers pour bétonner ce chemin. Y a-t-il une relation entre ce projet et le creusement d’un bassin d’orage entre le chemin du Bois Dumortier et la voie express ?
Alors que plusieurs techniciens communaux m’ont affirmé que non, le Bourgmestre fait directement allusion au projet de bassin d’orage pour lequel le bétonnage du chemin aurait une utilité.
Qu’en est-il ? Si réellement, le creusement du futur bassin d’orage a besoin d’une infrastructure telle, on a une preuve de plus pour dire que la gestion des cours d’eau est problématique et que l’on pourrait prendre conseil auprès des initiateurs du Contrat de rivière. Parce que depuis des années des projets privés, exécutés sans permis ont contribué à remplir la vallée de la Douve. Aujourd’hui, on s’engage avec de l’argent public, à remédier aux dérives et autres inondations causées par des remblais clandestins et une érosion galopante qui bouche les ruisseaux à grande vitesse. Le futur bassin d’orage et ses annexes en voirie coûteront des fortunes publiques et rien ne prouve leur efficacité.

Ruralité.

Quelle ruralité voulons-nous ?
Il faut tenir compte du fait qu’il existe de nombreux usagers du domaine rural et que des chemins peuvent être considérés comme des espaces de détente, de convivialité, de découverte, de ressourcement, de liberté … Ce chemin est très connu des vététistes, il constitue un maillon pitoresque et difficile au milieu du canton et nombreuses sont les épreuves qui l’empruntent, comme récemment le testathlon, de même les cavaliers et les promeneurs sont-ils mis au courant? Ces gens ont-ils été informés du projet de bétonnage ou d’asphaltage de ce domaine qu‘ils connaissent bien. Aucune enquête publique ne semble poindre à l’horizon de ce projet dont l’influence touchera bel et bien le public et les citoyens, par l’ampleur de son coût et ses conséquences matérielles.



Photo aérienne datant de 1991. On voit le site fossoyé tel qu’il était alors et le chemin qui épouse son contour. Vu la proximité avec la Douve, on peut supposer que les crues étaient moins fréquentes au moyen-âge et ceci à cause des multiples obstacles qui ralentissaient l’eau en provenance des Monts de Flandre.

D’autres urgences.

N’y a-t-il pas d’autres urgences qui nécessitent de l’argent public le long de nos routes ? N’observez-vous pas d’ornières, de trous, de manques de sécurité en termes de têtes de pont sur la Douve ou ailleurs, de secteurs sensibles au gel et au verglas sur les dizaines de kilomètres de routes de l’entité.

Gestion de ce chemin.

Un compromis n’est-il pas possible entre le laisser aller total d’une voirie et sa transformation en une nouvelle route qui apportera son lot d’obligations et de responsabilités. Pourquoi ne pas aménager une voirie avec des graviers et des briquaillons, la niveler et la raboter avec l’aide d’un bull. Un tel entretien permettrait le passage plus aisé de charroi agricole et n’encouragerait pas autant le passage de voitures particulières.
Monsieur le bourgmestre dit que ce chemin est intégré dans les circuits 14-18 qui ont été réalisés en coopération avec le PCDN et le PCDR et qui permettront de relier Warneton à Ploegsteert. D’accord, mais pourquoi, si on a besoin de chemins de promenade pour valoriser les sites 14-18, en transforme-t-on un en route? Je n’ai pas encore réussi à comprendre.
Un chemin transformé en rue, c’est un peu de liberté perdue.
A l’heure ou Inter-Environnement Wallonie vient de reprendre rendez-vous sur les sentiers avec les citoyens, Comines-Warneton s’apprête à en transformer un magnifique en une route banale autant qu’inutile et c’est bien dommage.



Le chemin du bois Dumortier longe un site fossoyé nommé site de la ferme de la Croix.

Philippe Mouton Conseiller Communal Ecolo à Comines-Warneton.


Page imprimée le 21/07/2017 à 12:42. | © ECOLO Comines-Warneton